Étudier l'art en France quand on vient de Chine : écoles, Campus France et calendrier

Le Prix Yishu 8 Chine offrait chaque année à de jeunes diplômés de l'Académie centrale des beaux-arts de Pékin un atelier, une exposition et un séjour à Paris : voir la page consacrée au prix. Beaucoup d'étudiants chinois en art font aujourd'hui le chemin par eux-mêmes et viennent se former en France. Le parcours est balisé, mais il impose un calendrier serré, qui commence près d'un an avant la rentrée. Voici les étapes, d'après les informations publiées par Campus France et par les écoles, à vérifier pour chaque formation visée.
Deux familles de formations
En France, on peut étudier l'art dans deux types d'établissements publics, qui ne recrutent pas de la même façon.
Les universités proposent des licences et des masters en arts plastiques, en histoire de l'art ou en arts appliqués. L'enseignement y est souvent plus théorique, avec une part de pratique variable selon les parcours.
Les écoles supérieures d'art, placées sous la tutelle du ministère de la Culture, préparent au diplôme national d'art (DNA), en trois ans, qui confère le grade de licence, puis au diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP), en deux années de plus, qui confère le grade de master. On y entre sur concours, avec un dossier artistique et un entretien. L'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, organisée autour d'ateliers dirigés par des artistes, a son propre diplôme et son propre concours.
Dans les deux cas, l'enseignement se fait en français. Les Beaux-Arts de Paris le rappellent sur leur page destinée aux étudiants internationaux : une bonne connaissance de la langue est recommandée. Le niveau B2 du cadre européen revient dans la plupart des conditions d'admission : simplement recommandé pour certains concours, exigé pour d'autres.
Première étape : la procédure « Études en France »
Pour un étudiant qui réside en Chine, tout passe par la plateforme « Études en France » de Campus France. La procédure est obligatoire dans les 75 pays et territoires qui y sont rattachés, dont la Chine, sauf pour les candidatures en doctorat. Elle est entièrement dématérialisée : on crée un dossier électronique, on y dépose ses diplômes, ses relevés de notes et sa lettre de motivation, et une participation financière est demandée. Les espaces Campus France en Chine organisent en général ensuite un entretien qui sert à apprécier la cohérence du projet d'études ; à la fin de la procédure, le candidat est invité à déposer sa demande de visa auprès du prestataire du consulat.
Le cheminement dépend du niveau d'entrée :
- pour une première année de licence à l'université avec un diplôme de fin d'études secondaires étranger, il faut faire une demande d'admission préalable (DAP) depuis la plateforme ;
- pour une entrée en deuxième ou troisième année de licence, ou en master, on suit la procédure jusqu'au visa, en candidatant directement auprès des formations ;
- pour les écoles d'art, qui recrutent sur concours, on passe le concours de l'école et on utilise la procédure pour le volet consulaire.
Le calendrier de la DAP pour la rentrée 2027 est déjà fixé : inscriptions du 1er octobre au 15 décembre 2026, réponses des universités avant le 30 avril 2027, réponse de l'étudiant avant le 31 mai 2027. Sans réponse à cette date, la proposition est considérée comme refusée. Pour les candidats qui visent septembre 2027, il reste donc un peu plus d'un mois.
Le concours des Beaux-Arts de Paris, un exemple concret
Le concours d'entrée en première année des Beaux-Arts de Paris montre bien ce qui attend un candidat. Pour la rentrée 2026, les inscriptions se faisaient sur Parcoursup, du 19 janvier au 12 mars 2026, et l'école précisait que les étudiants étrangers étaient concernés par cette procédure, avec un niveau B2 en français fortement recommandé. Soixante-dix places étaient ouvertes.
Venait ensuite l'admissibilité, sur dossier déposé en ligne au début du mois d'avril : une lettre d'intention d'environ 2 000 signes, un dossier artistique en PDF ou deux courtes vidéos, et un CV. Les candidats retenus passaient une journée d'épreuves comprenant un écrit de théorie d'une heure, une épreuve de dessin d'une heure, puis la présentation de leur dossier devant le jury lors d'un entretien de quinze minutes. Point important pour un étudiant resté en Chine : les candidats qui habitent à l'étranger peuvent demander, sur justificatif, à passer ces épreuves de manière entièrement dématérialisée. Les droits de concours étaient de 56 euros et les résultats sont tombés le 2 juin 2026.
Un étudiant qui a déjà validé deux années d'études supérieures, soit 120 crédits européens, peut aussi tenter l'entrée en cours d'études : vingt-cinq places pour la rentrée 2026, un niveau B2 requis pour les candidats étrangers, et un contrôle de comparabilité pour les diplômes obtenus hors de l'Espace européen de l'enseignement supérieur. Les pièces rédigées en chinois doivent être accompagnées d'une traduction officielle par un traducteur assermenté, ce qui demande quelques semaines.
Les dates de la session 2027 ne sont pas encore publiées : celles de 2026 donnent l'ordre de grandeur. Les autres écoles supérieures d'art fixent leur propre calendrier, généralement au printemps.
Le calendrier, à rebours
- Un an avant la rentrée : choisir les écoles et les formations, vérifier pour chacune le niveau de français exigé, passer un test de langue reconnu si nécessaire, préparer le dossier artistique.
- Octobre à mi-décembre : créer son dossier sur « Études en France » ; déposer la DAP pour une première année d'université.
- Janvier à avril : inscriptions et épreuves des concours d'écoles d'art ; faire traduire les diplômes.
- Printemps et été : résultats, entretien Campus France, demande de visa étudiant, recherche d'un logement.
- À l'arrivée : payer la contribution vie étudiante et de campus (CVEC) auprès du Crous avant l'inscription administrative, comme l'exigent les écoles, puis valider en ligne son visa long séjour valant titre de séjour.
Le logement mérite d'être anticipé : les résidences étudiantes sont rares à Paris et le marché privé y est cher. Nous avons fait le point sur les solutions qui s'offrent aux artistes, des résidences aux ateliers, dans notre chronique « Artiste étranger à Paris ».
L'échange, une autre porte d'entrée
Tous les séjours ne passent pas par un diplôme complet. Les étudiants inscrits dans une école d'art chinoise partenaire d'une école française peuvent venir un semestre en échange. Aux Beaux-Arts de Paris, ils sont présélectionnés et désignés par leur établissement d'origine, avant le 15 mai, puis envoient leur dossier avant le 1er juin ; ils choisissent un atelier et suivent un cours de français langue étrangère. C'est souvent ainsi qu'un premier séjour se transforme, quelques années plus tard, en projet plus long.
Une fois à Paris, les collections et les expositions consacrées à la Chine aident à garder un lien avec ses références : notre agenda de la saison 2026-2027 recense les rendez-vous. Et les récits de résidence des lauréats du Prix Yishu 8, qui ont fait le chemin inverse vers Pékin, rappellent ce qu'un séjour loin de chez soi peut changer dans une pratique.
Sources
- Campus France, « La procédure Études en France » et calendrier de la DAP 2027-2028
- Beaux-Arts de Paris, « Entrée en première année », procédure 2026-2027
- Beaux-Arts de Paris, « Entrée en cours d'étude », procédure 2026-2027
- Beaux-Arts de Paris, pages « Venir étudier aux Beaux-Arts » et « Inscription et réinscription » ; Onisep, fiches DNA et DNSEP


