VERNISSAGE : "Butterfly Effect", exposition de Guillaume Talbi, Lauréat 2018 du Prix Yishu



Tout commence par un petit carnet qu’il appelle son « carnet de recherches ». Sur ces feuilles de route toutes simples un feutre travaille presque machinalement à tester différentes formes et effets sur un même sujet. Le carnet pékinois de Guillaume Talbi a pour thème des créatures étranges qui ressemblent à des insectes. En regardant ces premiers essais dans lesquels l’artiste sélectionne ceux qui lui paraissent les plus « réussis », l’on s’aperçoit que le thème choisi est davantage qu’un prétexte, c’est un déclencheur de rêveries. Dans ce processus de rêverie « contrôlée », le changement d’échelle joue un rôle majeur. Du carnet, au format A4, jusqu’aux grands lavis, nous assistons aux métamorphoses de formes mi-végétales, mi-animales, mi-humaines que l’on aimerait bien pouvoir ramener à quelque chose de connu et d’identifiable. Mais il n’en est rien. Cette grammaire de formes n’énonce rien, ses effets relèvent de la subtilité chinoise, et plus qu’un message à comprendre, c’est une lumière qu’il s’agit de capturer. Il y a dans cette façon de se retirer afin de laisser se déployer les encres sur le papier ou les volumes en sculpture, un geste que l’on peut qualifier d’« asiatique ».




Déjà au Japon, Guillaume Talbi a su à l’occasion d’expositions et de rencontres avec des maîtres japonais affermir son geste en lui laissant un certain suspend. Car c’est là que se situe la grâce : veiller à ce que le geste ne se referme pas sur lui-même à la recherche d’un mouvement parfait. La grâce n’est pas la perfection, c’est une légèreté conquise sur nos volontés d’atteindre un but ou de produire des définitions.


En Chine l’artiste a confirmé un langage qui est celui de la grâce, et l’utilisation d’un fond désormais coloré lui permet d’aller plus loin dans la suggestion d’une matière, fascinante de légèreté, ne cédant jamais à la confusion. Guillaume sait s’arrêter à temps. Ses rêveries font penser à ces pierres chinoises dont les mouvements naturels dessinent des postures tortueuses qui semblent avoir été voulues alors qu’elles ont été reçues de la nature. Dans les lavis comme dans les bronzes, l’artiste attend le naturel ; ses « progrès », il les ressent dans la libération d’un geste qui pourrait nous faire croire qu’il n’a jamais existé.




Disparaître, laisser la lumière instaurer un climat qui révèle une exigeante sensualité. En regardant ces lavis et en se promenant avec les bronzes, le rêve prend toute la place ; et l’on ne se demande plus ce que ces formes représentent ou qui leur a donné naissance, mais l’on se laisse prendre par leur fluidité. L’on nage alors dans un rêve comme Zhuangzi, en soupesant l’inestimable légèreté du papillon.


Christine Cayol



Guillaume Talbi est né en 1987 en France. Diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris en 2012 dans l’atelier de Richard Deacon. Il obtient une bourse d’étude en 2011 pour son séjour à la Central Academy of Fine Arts de Pékin. Il vit et travaille à Paris et en Chine.

Parmi ses récentes expositions personnelles, on peut citer :Butterfly effect, YISHU 8, Pékin (2018) ; Fantasmagorie du monde, galerie Premier Regard, Paris (2017) ; Formes de vie, Fujiki gallery, Shigaraki, Japon (2016) ; Chapitre 1, Jolie gallery, Shenyang, Chine (2014).

Ainsi qu’une sélection d’expositions collectives : Point de vue art contemporain, LaM, Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut,Villeneuve-d’Ascq (2016-2017) ; Now is our future, Drawing Now, Carreau du Temple, Paris (2016) ; Étoile Filante, Palace Plaza Athénée, Paris (2016) ; Oh my Cabinet, Maison Assouline, Londres (2015); Art Fair SOFA, Chicago (2015) ; Hilltop Gallery, Shanghai (2015) ; L’enversdu décor, Ancienne Nonciature, Bruxelles (2015) ; Alchemic Ceremony, Hôtel particulier Mallett, Londres (2014) ; 17ème et 18ème Biennale Internationale de la Céramique Contemporaine, Châteauroux (2013 et 2015).

Guillaume Talbi est présent dans de nombreuses collections privées en France, Belgique, Royaume-Uni, Suisse, Chine et Japon.

En 2017, Il est invité pour un entretien à la Fondation pour l’art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, Annecy.

Il est lauréat du prix YISHU 8 (2018) ainsi que des résidences : Saint-Ange, Seyssins (2018) ; Shigaraki Ceramic Cultural Park, Japon (2016 et 2014) ; Songjiang Art, Shanghai (2015) ; 1905 Re-Creative Space, Shenyang(2013) ; Manoir de Soisay, La Perrière (2009).

Vernissage Samedi 26 Mai 2018 à 16h30

Maison des Arts de Pékin Yishu 8

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